Une espèce en
danger d'extinction
Reproduction de “Le Lézard
vert... de rage”, Fabien SANE, administrateur
de BUFO - Citoyen Nature numéro 4.
A l'occasion d'une promenade sur le piémont
vosgien, vous aurez peut-être déjà
observé un gros lézard
élancé, vert vif, se chauffant sur une
pierre : c'est le Lézard vert, récemment
renommé Lézard vert à deux raies.
Pouvant dépasser 30 cm de longueur du bout du
museau à la pointe de la queue, c'est la plus
grande, mais aussi la plus rare des cinq
espèces de lézards présentes en
Alsace. C'est également le seul reptile en
danger d'extinction dans notre région
Elément faunistique à distribution
para-méditerranéenne, le Lézard
vert exige des milieux bien ensoleillés et
riches en végétation. En Alsace, il
est désormais confiné aux collines
calcaires sous-vosgiennes où il
fréquente les dernières pelouses
sèches parsemées d'arbustes, et les
rares secteurs du vignoble où persistent
encore quelques haies et bouquets de
végétation dense. Dans la vaste
viticulture intensive, il est absent, faute de
refuges et de ressources alimentaires suffisantes.
Il en résulte un peuplement régional
aujourd'hui spatialement fragmenté en
îlots disséminés entre Thann et
les environs de Sélestat.
Fragmentation
et isolement
Plusieurs facteurs compromettent la survie à
long terme de ces sous-populations, qui paraissent
pourtant localement assez prospères. Le
premier réside dans la dégradation ou
la destruction des habitats, liées à
l'extension de la viticulture ou aux remembrements.
Le second, tout aussi pernicieux bien qu'agissant
à plus long terme, est lié à la
fragmentation du peuplement. L'isolement de la
plupart des sous-populations entraîne un
appauvrissement de leur diversité
génétique sous l'effet de la
consanguinité qui peut affecter la
croissance, la fécondité ou le taux de
survie des individus.
L'isolement est également
préjudiciable au fonctionnement
démographique de la population dans son
ensemble. En empêchant la migration d'animaux
depuis les zones à démographie
excédentaire vers celles où elle est
déficitaire, il accroît la
probabilité d'extinction des sous-populations
les moins dynamiques. Ainsi s'explique sans doute en
partie la disparition récente de
l'espéce dans le secteur de Mutzig, qui
était la station la plus septentrionale, mais
également la plus isolée du
piémont vosgien.
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